Alexandrie : trois regards sur l’Université Senghor (Acte 3)

Article : Alexandrie : trois regards sur l’Université Senghor (Acte 3)
19 mars 2014

Alexandrie : trois regards sur l’Université Senghor (Acte 3)

Trois mondoblogueurs sont passés par cette ville, Alexandrie, en des temps différents, entre 2012 et aujourd’hui. Ils ont côtoyés de près ou de loin cet antre mystérieux que constitue l’Université Senghor au sein du paysage égyptien, et se proposent de vous la conter. Suivez le regard du blogueur Gratiano (Atassé) (Acte 3).

Crédit photo : Atassé
Crédit photo : Atassé

Le rêve d’un voyage dans une ville si grande par son histoire, « Alexandrie », ne peut se terminer que quand l’on foule avec le pied le sable fin de la méditerranée. En réalité je me demande même si ce rêve est réellement terminé ? Si grand et si haut et là je ne parle pas que de la grande muraille de l’Université Senghor mais aussi de la ville d’Alexandrie.

Mon rêve a pris forme un Dimanche du mois de Septembre il y a deux ans. Ce rêve, je l’ai vécu réellement en deux phases. La première partie de mon rêve je l’ai passé à scruter chaque mètre de la ville d’Alexandrie qui s’offrait à Moi. Où suis-je ? Qu’est-ce que je cherche ici ? Que racontent ces milliers de passants que je croise ? Ces questions ont sans doute rythmé mon rêve qui m’a amené à découvrir le Nil, la Méditerranée, les Pyramides, la langue arabe…. Ce fut à la fois un mélange nostalgique de mon Afrique Noire et un mélange de curiosité et de découverte de l’autre…Cette première partie de mon rêve a très vite pris fin avant que le cauchemar ne s’empare du reste de mon existence. J’ai dit cauchemar ? Bon je dois l’avouer, entre le rêve et la réalité l’écart est sans doute trop grand.

 La deuxième partie de mon rêve court de deux heures du matin à sept heures. En réalité c’est seulement à deux heures du matin que la ville d’Alexandrie semble trouver un semblant de calme accordant un léger répit à ceux qui doivent se réveiller très tôt le matin pour vaquer à leurs différentes occupations. Cette deuxième partie de mon rêve a commencé par le coup de fil d’une amie, d’une mondoblogeuse, sans doute aussi curieuse que moi, mais plus ouverte et plus intégrée. Avec elle, l’aventure fut autrement. La passerelle est désormais créée entre elle qui représente pour moi l’Egypte vu autrement et l’Université Senghor, cette muraille de fer imbattable et imprenable qui reste incompris de tous les Alexandrins, surtout ceux de la basse classe.

Crédit photo : Atassé
Crédit photo : Atassé

Pour elle et pour moi, le regard est désormais différent. Sans quitter ma muraille de fer, j’ai pu me promener dans le désert, découvrir les grandes villes du Sud de l’Egypte et surtout revisiter ces multiples salles de classes de l’Université Senghor qui semblent tenir un autre langage. Cette deuxième partie de mon rêve, j’aurais aimé qu’elle dure plus longtemps. Mais malheureusement elle fut la plus courte.

 J’ai redécouvert mon Université. Le ballet incessant de défilement de ces professeurs venus de partout dans le monde et qui faisait de moi un citoyen universel. Le débat toujours engagé avec tous les étudiants provenant de tout l’espace francophone se terminait toujours par cette satanée phrase « chez moi ! » comme si finalement chacun revendiquait sa spécificité dans un monde qui se veut de plus en plus universel.

 Il y en a sans doute dans cette centaine d’étudiants de l’Université Senghor que je ne rencontrerai plus. Il y’ en a aussi de ces visages arabes, que je ne verrai plus… Mais on a vite fait de me dire que dans la vie on ne dit jamais….jamais.

 En attendant que ce « jamais » ne disparaisse de la langue de Molière pour me laisser le droit de rêver à nouveau, je me sens aujourd’hui comme neuf, lavé par le Nil, nettoyé par la Méditerranée et bronzé de mon noir africain par le soleil de la grande bourgade d’Alexandrie.

 Je suis fier de mon Afrique si diversifié, si multiculturelle, si belle et si accueillante.

Cet article est également disponible sur le blog de Pascaline et de Atassé (Gratiano)  et de Tessy

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