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Article : Alexandrie : trois regards sur l’Université Senghor (Acte 3)
Alexandrin
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19 mars 2014

Alexandrie : trois regards sur l’Université Senghor (Acte 3)

Trois mondoblogueurs sont passés par cette ville, Alexandrie, en des temps différents, entre 2012 et aujourd’hui. Ils ont côtoyés de près ou de loin cet antre mystérieux que constitue l’Université Senghor au sein du paysage égyptien, et se proposent de vous la conter. Suivez le regard du blogueur Gratiano (Atassé) (Acte 3).

Crédit photo : Atassé
Crédit photo : Atassé

Le rêve d’un voyage dans une ville si grande par son histoire, « Alexandrie », ne peut se terminer que quand l’on foule avec le pied le sable fin de la méditerranée. En réalité je me demande même si ce rêve est réellement terminé ? Si grand et si haut et là je ne parle pas que de la grande muraille de l’Université Senghor mais aussi de la ville d’Alexandrie.

Mon rêve a pris forme un Dimanche du mois de Septembre il y a deux ans. Ce rêve, je l’ai vécu réellement en deux phases. La première partie de mon rêve je l’ai passé à scruter chaque mètre de la ville d’Alexandrie qui s’offrait à Moi. Où suis-je ? Qu’est-ce que je cherche ici ? Que racontent ces milliers de passants que je croise ? Ces questions ont sans doute rythmé mon rêve qui m’a amené à découvrir le Nil, la Méditerranée, les Pyramides, la langue arabe…. Ce fut à la fois un mélange nostalgique de mon Afrique Noire et un mélange de curiosité et de découverte de l’autre…Cette première partie de mon rêve a très vite pris fin avant que le cauchemar ne s’empare du reste de mon existence. J’ai dit cauchemar ? Bon je dois l’avouer, entre le rêve et la réalité l’écart est sans doute trop grand.

 La deuxième partie de mon rêve court de deux heures du matin à sept heures. En réalité c’est seulement à deux heures du matin que la ville d’Alexandrie semble trouver un semblant de calme accordant un léger répit à ceux qui doivent se réveiller très tôt le matin pour vaquer à leurs différentes occupations. Cette deuxième partie de mon rêve a commencé par le coup de fil d’une amie, d’une mondoblogeuse, sans doute aussi curieuse que moi, mais plus ouverte et plus intégrée. Avec elle, l’aventure fut autrement. La passerelle est désormais créée entre elle qui représente pour moi l’Egypte vu autrement et l’Université Senghor, cette muraille de fer imbattable et imprenable qui reste incompris de tous les Alexandrins, surtout ceux de la basse classe.

Crédit photo : Atassé
Crédit photo : Atassé

Pour elle et pour moi, le regard est désormais différent. Sans quitter ma muraille de fer, j’ai pu me promener dans le désert, découvrir les grandes villes du Sud de l’Egypte et surtout revisiter ces multiples salles de classes de l’Université Senghor qui semblent tenir un autre langage. Cette deuxième partie de mon rêve, j’aurais aimé qu’elle dure plus longtemps. Mais malheureusement elle fut la plus courte.

 J’ai redécouvert mon Université. Le ballet incessant de défilement de ces professeurs venus de partout dans le monde et qui faisait de moi un citoyen universel. Le débat toujours engagé avec tous les étudiants provenant de tout l’espace francophone se terminait toujours par cette satanée phrase « chez moi ! » comme si finalement chacun revendiquait sa spécificité dans un monde qui se veut de plus en plus universel.

 Il y en a sans doute dans cette centaine d’étudiants de l’Université Senghor que je ne rencontrerai plus. Il y’ en a aussi de ces visages arabes, que je ne verrai plus… Mais on a vite fait de me dire que dans la vie on ne dit jamais….jamais.

 En attendant que ce « jamais » ne disparaisse de la langue de Molière pour me laisser le droit de rêver à nouveau, je me sens aujourd’hui comme neuf, lavé par le Nil, nettoyé par la Méditerranée et bronzé de mon noir africain par le soleil de la grande bourgade d’Alexandrie.

 Je suis fier de mon Afrique si diversifié, si multiculturelle, si belle et si accueillante.

Cet article est également disponible sur le blog de Pascaline et de Atassé (Gratiano)  et de Tessy

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Article : La peur du ciel !
Alexandrin
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29 octobre 2012

La peur du ciel !

Acte 2

Ouf, Je viens d’avaler les 22 tours d’escaliers de mon appartement d’un trait. Plus concrètement c’est ma façon à moi finalement de faire mon sport quotidien ; encore que l’ascenseur de notre ‘’tour’’ a lâché depuis plusieurs jours. Sport ! Oui, car c’est bien ce à quoi ressemble chaque montée et descente ici à Alexandrie. Comme aucun de mes colocataires ne semblent se préoccuper de cette panne, alors, moi non plus je ne me fais pas de soucis. De toute façon, ce ne sont pas les quelques mots de mon arabe qui me suffiraient à crier mon ras-le-bol.

Ce qui m’inquiète le plus c’est la nuit. Le seul moment où je reste dans mon appartement.

Ce soir, c’est sûr, et j’en suis presque certain, je ne dormirai pas sur mes lauriers. L’actualité ne me laisse pas le choix. Je suis bien à Alexandrie, une ville où les maisons s’écroulent comme un château de cartes et j’ai bien des raisons de m’inquiéter. Bon j’exagère ! Mais il faut bien noter que ce sujet trottine dans toutes les têtes. Le 15 Juillet dernier, comme une traînée de poudre, la nouvelle de l’effondrement d’un immeuble de 11 étages, a vite fait le tour de la ville millénaire, relançant ainsi le débat de la vétusté de la plupart des immeubles d’Egypte. On déplorait onze morts et de nombreux blessés graves.

Une situation préoccupante pour les responsables égyptiens qui n’ont pas anticipé l’explosion démographique de la ville millénaire. Située sur la méditerranée,  Alexandrie est une cité idéale pour de nombreux égyptiens qui tentent ‘’d’échapper’’ aux affres du désert et de s’offrir un climat méditerranéen avec une belle vue sur la mer. Au-delà de sa position stratégique, ce sont aussi les installations industrielles et commerciales qui font de cette belle cité un véritable carrefour du moyen orient.

Comment alors loger plus de quatre millions de personnes sur un territoire aussi restreint sans recourir à ces styles d’architecture pointant vers le ciel ?

Trouver une maison de 6 étages est une exception dans la grande cité urbaine d’Alexandrie, un privilège dans mon ‘’petit’’ Lomé. Ah ! ma chère et petite ville qui continue de vibrer au rythme de la qualification des éperviers pour la Coupe d’Afrique des Nations 2013 en attendant de retrouver la poule D avec un grand match en perspective contre une Côte-d’Ivoire au meilleur de sa forme.

Bref, ici les maisons culminent souvent à plus de 10 étages sur des fondations mal préparées à supporter de tels poids. Tiens, Je passe sous silence la baisse de la pression d’eau d’hier, qui m’a empêchée de prendre mon bain. Ne me demandez surtout pas, quelles ont été les mesures d’urgence que j’ai prises à cet effet.

Le plus inquiétant pour moi c’est de constater la fissure naissante entre le huitième et le neuvième étage de l’immeuble voisine à la mienne. Impossible d’alerter une structure publique. Depuis une dizaine d’années les permis de construction de logement ont été mal gérés. Une situation qui a d’ailleurs conduit à l’interpellation de l‘ancien ministre en charge du logement soupçonné de complicité dans l’attribution abusive des licences de construction.

Pour l’heure, ce sont les muezzins qui continuent de rythmer ma vie et celle des habitants d’Alexandrie qui, avec bien plus de ferveur, confient leur sort à la bonté divine. Ils espèrent que les autorités en charge du contrôle et de l’urbanisation se décident à sévir et au besoin, reloger les personnes qui résident dans des maisons jugées dangereuses.

Des prières, il nous en faudra bien plus, car un séisme pareil à celui du 12 Octobre 1992 dans cet environnement où la plupart des maisons sont fragilisées entraînera inéluctablement une catastrophe nationale.

Pour ma part, chaque fois que je grimperai les marches de mon immeuble, je ne perdrais pas de vue que je me rapproche du ‘’ciel’’ dans tous les sens du terme. Un ciel dont j’ai peur pour l’instant.

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Article : Alexandrie : trois regards sur l’Université Senghor (acte 2)
Alexandrin
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19 mars 2014

Alexandrie : trois regards sur l’Université Senghor (acte 2)

Trois mondoblogueurs sont passés par cette ville, Alexandrie, en des temps différents, entre 2012 et aujourd’hui. Ils ont côtoyés de près ou de loin cet antre mystérieux que constitue l’Université Senghor au sein du paysage égyptien, et se proposent de vous la conter. Suivez le regard du blogueur Tessy  (Acte 2).

Roméo :

crédit photo Atassé
crédit photo Atassé

Alexandrie, la ville qui m’adopte depuis maintenant plusieurs mois, on peut la raconter aussi différemment que les étonnements qu’elle inspire. Lorsque j’ai eu mon admission à l’Université Senghor en Egypte, le pays ne s’était pas encore remis de la révolution. Comment savoir la situation sur place ? Les médias nous montrent le peuple égyptien dans la rue avec l’armée désormais aux affaires. Les séries d’attaques à la voiture piégée ne pouvaient que donner une vision sanglante du pays. D’ailleurs, certains journalistes vont jusqu’à montrer la profonde dégringolade dans les statistiques de visiteurs de ce pays depuis que le vent du printemps arabe y a soufflé. La destination est déconseillée sur le site du Ministère français des affaires étrangères. Moi, je tenais encore à me donner des arguments pour y aller. En faisant une petite collecte d’informations sur internet, je suis tombé sur le blog de Pascaline. Elle présentait une actualité égyptienne décalée , avec des illustrations qui donnaient le pays à voir en couleur, malgré l’ambiance délétère.

Je découvre Alexandrie quelques mois plus tard. Une belle ville qui borde la Méditerranée. Le bleu de l’eau et l’azur du ciel lui donnent une certaine convivialité. Seules les fissures des vieux immeubles qui pullulent dans la ville, les ordures dans les ruelles semblent écorcher cette beauté. Foudroyé par cette atmosphère bercée par l’air marin, j’ai oublié quelques instants mes peurs. Je ne me croyais pas dans un pays en crise politique. Et je me suis laissé aller à cette nouvelle romance qui, je l’avoue m’a aveuglé. Mais au fil des jours, en s’infiltrant dans les marchés, dans le minibus pour se rendre à l’université, en écoutant les mésaventures de certains collègues, je découvre davantage cette ville, sa fièvre culturelle, son dynamisme et aussi les peines qu’elle peut procurer. Je découvre aussi la vie des alexandrins qui parfois me parait étonnante tant les contradictions sont profondes. Les conseils reçus des anciens étudiants de cette université s’estompent très rapidement dans ma tête. Je me suis rendu compte que le temps dans lequel ils ont vécu même récent, connaît des évolutions surprenantes. Eux, ils ont vécu la révolution qui a fait partir Moubarak. Ils ont vécu l’air Morsi avec toute l’inquiétude de l’islamisation du pays. Moi je suis en train de vivre l’air Al-Sissi. Et c’est comme si les règles changeaient selon les périodes. Les modes de vie aussi. Pour moi, le plus important est de me concentrer sur le but de ma présence ici : étudier.

Crédit photo : Pascaline
Crédit photo : Pascaline

A voir la belle Bibliotheca Alexandrina qui se dresse sur la corniche, l’envie d’épouser la connaissance se renforce. Ce n’est pas le géant bâtiment de l’Université Senghor, opérateur direct de la Francophonie, qui enlève cette motivation. De la corniche, cet édifice ne passe pas inaperçu. Étudier à l’Université Senghor est le rêve de beaucoup de jeunes francophones. Il s’agit d’une expérience unique de côtoyer plus de dix-neuf nationalités différentes, toutes francophones venues pendant deux années universitaires. La diversité culturelle en marche. De nouvelles amitiés et le partage de cultures qui en résulte accompagnent cette riche formation. Les auditeurs en Master développement à l’Université Senghor ont des niveaux d’étude aussi diversifiés (allant de la licence au doctorat) que les formations dont ils sont issus : du droit à la microbiologie en passant par la sociologie, la médecine, la documentation, l’économie. Au terme de la formation, c’est plus de deux cent cadres âgés de moins de trente six ans qui vont contribuer au développement du continent africain. Les professeurs viennent de différents coins du monde francophone. Je sais lire leur plaisir d’être invité pour un enseignement, dans leur abnégation. Des moments jouissifs, ils en connaissent au moment de la prise de contact et lors de la photo de famille, à la fin du cours.

L’université Senghor, un vrai symbole de la Francophonie dans un pays arabophone. D’ailleurs, c’est l’une des questions qui a meublé nos discussions entre collègues de l’université, les premiers jours de la rentrée alors qu’on commençait à peine à faire connaissance. Alors, pourquoi l’Université Senghor en Egypte ? Il fallait se rendre à l’évidence que le lobbying politique de Boutros Boutros Ghali , ancien secrétaire général de la l’Organisation Internationale de la Francophonie pour que l’Egypte abrite cette université, a été pour beaucoup. La portée culturelle de la ville Alexandrie aussi.

L’anglais, mieux que le français est un luxe pour les égyptiens, surtout dans la rue. Les difficultés à s’exprimer avec les égyptiens sont devenues frustrantes. Il faut se débrouiller avec quelques bribes d’anglais parce qu’on ne parlait aucun mot d’arabe si ce n’est pour dire merci (shoukran). Tant pis si vous ne savez pas qu’il faut avoir un papier mouchoir sur vous à montrer au vendeur pour l’acheter. Mieux, écarquiller les yeux sur son présentoir pour trouver le produit recherché. Et quand vient le moment de solder sa facture, le réflexe, c’est de prendre une calculatrice pour faciliter la communication. Cette barrière linguistique n’a pas favorisé l’intégration des « senghoriens » avec la culture égyptienne. Ils sont donc obligés de rester dans leur cercle de compatriotes dans lequel ils sont à l’aise, avec quelques liens qui se créent avec d’autres communautés. De ce fait, malgré la forte attraction qu’est capable d’offrir cette ville, il n’est pas chose aisée de se trouver souvent des centres d’intérêt. On se retrouve alors comme dans une bulle où les seuls lieux qu’on sait fréquenter sont l’université et la maison. Beaucoup plus l’université que la maison. Le premier étant le lieu du déjeuner et du petit déjeuner. C’est le lieu des cours et de la bibliothèque. C’est le lieu des activités culturelles qu’organisent les étudiants. C’est aussi le lieu où se créent les affinités et Dieu sait qu’il y en a beaucoup. Finalement c’est comme un pays dans un autre parce que les étudiants arrivent à créer leur vie dans cette portion de terre qui leur est réservée.

Avec Pascaline, l’entame d’une discussion se fait en arabe dialectal. Nous partageons cette passion alexandrine, que les étonnements, les questionnements, aussi bien les miens que ceux que ses souvenirs ravivent, rendent vive. Il arrive qu’elle décrive des réalités que je n’ai pas connues. Elle décrit d’autres que je connais, que je vis. Mais les égyptiens eux-mêmes n’ont pas changé. Même s’il m’arrive de me lasser de la vie monotone d’ici, à compter les jours au gré du soleil qui se lève, Alexandrie peut me manquer. Elle m’a déjà manqué une fois alors que je suis juste parti juste pour une semaine. Et maintenant, je ne sais comment ce sera la prochaine fois, tant l’envie de repartir pour beaucoup plus longtemps me prend déjà.

PS : Cet article est également disponible sur le blog de Pascaline et de Atassé (Gratiano)  et de Tessy

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Article : Alexandrie : trois regards sur l’Université Senghor (acte 1)
Alexandrin
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18 mars 2014

Alexandrie : trois regards sur l’Université Senghor (acte 1)

Trois mondoblogueurs sont passés par cette ville, Alexandrie, en des temps différents, entre 2012 et aujourd’hui. Ils ont côtoyés de près ou de loin cet antre mystérieux que constitue l’Université Senghor au sein du paysage égyptien, et se proposent de vous la conter. Alexandrie et l’Université Senghor vue par Pascaline (Acte 1).

Pascaline

Crédit photo : Pascaline
Crédit photo : Pascaline

Un réveil matinal sur Marseille la méditerranéenne, une brise maritime, quelques coups de klaxons, me font penser à Alexandrie sa (fausse) jumelle. J’ai la lourde tâche, confiée par Roméo, mondoblogueur alexandrino-béninois, de vous parler de son Université que j’ai aussi connue : l’UniversitéSenghord’Alexandrie.  Je rassemble mes souvenirs pour tenter de vous en faire un portrait le plus complet possible.

A cette heure-là, il y a un an, je pressais mes pas le long des rues encombrées de Mancheya, esquivant les bouts de trottoirs enfoncés, les marchands ambulants et les passants, pour me frayer un chemin vers mon lieu de travail. Les coups de klaxons successifs, les cris des marchands  qui  appelaient les clients, les discussions vivent de la rue étaient chargés de me sortir de ma torpeur matinale pour engager ma journée. Avant d’atteindre la corniche où j’allais trouver le chic bâtiment du Swedish institute, je devais passer devant la grande tour de l’Université Senghor. Une énigme alexandrine. J’en avais entendu parler bien avant d’arriver en Egypte, par une amie qui était passée par Alexandrie quelques années auparavant et qui avait pu rencontrer certains de ses étudiants. Elle m’avait même confié la mission d’aller à la rencontre de ces « senghoriens », une fois arrivée en Egypte. Car, me disait-elle, ils sont très isolés, ils vivent dans une bulle, et ce serait super de monter un projet avec eux, de leur permettre de découvrir la ville, de rencontrer des égyptiens. J’avais un peu oublié sa mission une fois embarquée dans le flow alexandrin, et de Senghor je ne voyais que cette grande tour, découpant le ciel de la ville.

Je la côtoyais donc chaque matin ou presque, sans trop la voir, comme les foules d’alexandrins qui passaient par ici. Car mis à part sa hauteur majestueuse, que l’on voyait surtout au loin mais que l’on oubliait presque une fois à ses pieds, son insigne à l’entrée, et les bus garés en bas de la tour, on ne voyait pas grand-chose de Senghor. On ne savait pas grand-chose non plus. La francophonie avait son université ici, c’était un fait connu, mais de cette institution, on ne savait guère plus.

J’ai pu percer le mystère de Senghor grâce à un commentaire d’Atassé  (Gratiano) sur mon blog, fraîchement ouvert à mon arrivée en Egypte.

« Embarqué dans la même aventure de Mondoblog, et surtout dans la même ville que toi!!!! Que de plaisir de te lire. Contact-moi si possible » 

disait-il, et je découvrais avec étonnement que Senghor était parmi la famille Mondoblog. Pour être honnête, à l’époque, je n’avais pas beaucoup plus d’idée de Mondoblog… Je suis donc allée à la rencontre d’un étudiant d’une université mystérieuse, et d’une communauté qui l’était tout autant à mes yeux.

Je pouvais donc rencontrer pour la première fois un mondoblogueur. Je pouvais dans le même temps, enfin fouler le sol de la grande tour et me pencher à ses fenêtres pour admirer la vue sur la corniche, la Bibliothèque un peu plus loin, et aussi le fort Qaitbay de l’autre côté. Je ne sais plus trop si l’angle de vue était aussi large, mais j’ai envie de le penser ainsi, pour vous donner une idée plus précise de la ville d’Alexandrie, embrassant la Méditerranée. J’avais dû débarquer un vendredi ou un samedi, jour de repos pour les étudiants, et l’université que j’ai connue n’avait pas la vie animée que l’on peut imaginer. Quelques étudiants travaillant dans des salles presque vides, des professeurs et des employés ça et là, voilà tout. Toutefois, j’étais très heureuse à ce moment-là d’entrer à nouveau dans ce « monde » francophone qui m’était familier, alors que le reste de mes journées était une bataille avec mes rudiments d’anglais et mes balbutiements d’arabe égyptien fraîchement appris.

J’étais aussi très heureuse de rencontre ses étudiants, de découvrir leurs programmes et d’échanger avec eux sur la découverte d’Alexandrie qui nous était commune, mais tellement différente à la fois. Lorsque nous parlions de la ville, c’était comme si nous parlions de deux lieux distincts. Je l’avais découvert par le biais de mon volontariat à la Bibliothèque, puis à la fondation Anna Lindh, et par les réseaux et la vie culturelle qui entourent ces deux organisations. Les étudiants de Senghor découvraient quant à eux l’Alexandrie de la francophonie, la cousine de Ouagadougou, ville également hôtesse du campus Senghor. Lorsque l’on est embarqué dans l’énergie du quotidien alexandrin, les négociations avec les taxis, les négociations avec les marchands, les sorties, la Bibliothèque, les Nescafé bin leben, les shisha tofeha, la corniche, Anna Lindh, les cours d’arabe, on oublie tout cela. On oublie même que la ville est sur le continent africain. Car pour beaucoup d’égyptiens que j’ai rencontrés, l’Egypte est au Moyen-Orient, avant d’être éventuellement en Afrique.

Crédit Djossè Tessy
Crédit Djossè Tessy

Il n’y avait que très peu de similitudes entre nos quotidiens finalement. Immergée dans la vie culturelle alexandrine, j’avais les informations et le temps nécessaire à la conter sur mon blog. Immergés dans les études et les plans de mémoire, les étudiants de Senghor avaient des priorités toutes autres, et ne devaient pas oublier pourquoi ils étaient là : étudier. Les exigences étaient sévères et la sélection d’entrée tout autant me semblait-il. Pas droit à l’erreur donc. C’est peut-être pour cela que la tour est si haute : tournée vers le ciel tel un grand baobab, elle ne laisse pas le loisir à ses habitants de se pencher sur ses racines et la vie qui grouille en dessous. Mystérieuse et protectrice, elle veille sur ses rejetons pour les protéger du racisme, et des « chocs » culturels et  pour leur permettre de mobiliser leur énergie ailleurs.

Pourtant, cette tour, je l’ai tout de suite reconnue dans l’article de Roméo, alors que j’avais quitté le pays, et qu’une nouvelle année commençait. Tout juste un an après moi, il débarquait à Alexandrie des rêves et des idées pleins la tête . Je découvrais avec plaisir son aventure, et me plongeait dans cette re-découverte au goût si particulier. Pourtant, la ville que j’avais connue et celle qu’il décrivait-là n’était plus tout à fait la même, seuls ses habitants restaient égaux à eux même. Une révolution et un changement de régime passé, comme la suite inéluctable des tensions que j’avais perçues tout au long de mon séjour égyptien. La seule question qui se posait vraiment alors que j’étais en Egypte était la suivante : quand sera la prochaine révolution ? Le temps nous aura donné une réponse après cette période d’incertitude des lendemains. Le couvre-feu, l’armée dans les rues, les portraits de Al-Sissi … je n’ai pas connu.

Alors à bien des égards, j’ai l’impression que Roméo et moi avons connu deux villes différentes. Deux mondes aussi. Pourtant, je prends plaisir à bavarder avec lui de ses découvertes, ses étonnements, ses questionnements, qui me sont tout de même un peu familiers. Ils me permettent de comprendre la ville qu’il a connu, la ville que j’ai manquée, et peut-être la ville que je redécouvrirais un jour. Le temps est fait d’incertitudes, pour Alexandrie comme pour moi. Alors je ne saurais vous le dire avec certitude.

PS : Cet article est également disponible sur le blog de Pascaline et de Atassé  et de Tessy

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Article : De la méditerranée à l’atlantique ; retour au pays natal : Togo
Réflexion développement
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26 novembre 2013

De la méditerranée à l’atlantique ; retour au pays natal : Togo

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Port de pêche d’Alexandrie en Egypte non loin de l’Université Senghor / Méditerranée

J’aurais aimé vous entraîner sur les pas de mon retour dans mon tout petit pays le Togo, mais l’aventure pourrait prendre tout l’espace de mon blog. Un peu plus de deux ans que je me suis séparé de lui – mon Togo ! – Trop peu ou trop long ? Je ne sais pas. Juste que mon cœur battais si fort, et mon corps si impatient d’embrasser de nouveau ce sol qui m’a vu naître.

J’aurais aimé vous raconter comment j’ai vécu les élections législatives de Juin dernier dans mon Togo, sauf qu’il n’y a rien à dire. Je n’ai pas eu ma carte d’électeur à temps, et j’ai juste constaté que le parti politique au pouvoir  de Faure Gnassingbé (UNIR) est resté au contrôle de l’appareil législatif et que l’opposition est désormais dirigée par l’ANC de Jean-Pierre Fabre.  Ah tiens ! Y ‘a pas eu de violences non plus et c’est déjà une victoire.

J’aurais aimé lever le voile sur le nouveau gouvernement togolais, celui d’Ahoomey zunu 2, sauf qu’il n’y a rien à dire. On dit souvent que l’on ne change pas l’équipe qui gagne, ou peut-être qu’il n’y a pas d’équipe qui perd. Qu’est-ce que j’en sais moi?

J’aurais aimé faire un zoom sur la vie des ménages togolais, le panier de la ménagère, la grève des enseignants togolais, sauf qu’il n’y a rien à dire. On m’a juste répondu que la crise économique n’épargne pas les Pays Pauvres Très Endettés.

La plage de Lomé en face de l'ancienne présidence.
La plage de Lomé en face de l’ancienne présidence.

J’aurais aimé vous entretenir sur les jeunes togolais, ces jeunes diplômés, dynamiques, et Dieu seul sait que j’en ai rencontrés. Tous ou presque sont déçus de moi ! Ils m’ont condamné car je n’ai pas le droit semble-t-il de revenir dans un pays qui ne donne plus d’emploi à ses enfants. Alors il vaut mieux en créer  soi-même ??

J’aurais aimé vous faire voir ces nouvelles rues qui traversent de part en part la petite capitale togolaise, Lomé. Des routes du développement mais qui laissent plusieurs togolais sans habitats. Peut-être le prix à payer ?

Et la plage ? Gonflée de monde tous les week-ends par les activités de loisirs organisées par Togocel (l’opérateur national de téléphonie mobile), par la Fête de la bière (Oh oui! même dans un Pays Pauvre Très Endetté). Une plage bien différente de celle d’Alexandrie, mais qui ont tous un point commun : héberger momentanément les amoureux en manque de solitude.

Ces quelques lignes pour vous dire que mon tout petit Togo existe, et il m’accueille avec ses lots de bonheur, mais aussi de peine.

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Article : Voyage dans les entrailles du savoir
Culture d'Alexandrie
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7 janvier 2013

Voyage dans les entrailles du savoir

Comment prétendre fouler le sol d’Alexandrie et ne pas se donner le devoir et le plaisir de découvrir la Bibliothéca Alexandrina ?

Vue partielle de la Bibliothéca

Ce serait un peu comme visiter Lomé et ne pas découvrir la colombe de la paix, (Bon ok… je n’ai peut-être pas pris le bon exemple), mais sans blague ! Ce serait comme visiter Paris sans faire le fameux ‘’pèlerinage’’ à la tour Eiffel…

Visiter la bibliothèque d’Alexandrie c’est se donner l’occasion de faire un vrai voyage dans l’antre du savoir mondial. Un voyage dans l’Egypte antique et dans les plus grandes civilisations mondiales. Inauguré en 2002, pas trop loin du site de l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie, ce chef d’œuvre unique à coûter 300 millions de dollars.

Comment ne pas s’époustoufler devant les premières versions écrites du coran, de la bible, et de ces œuvres mythiques qui datent du siècle relatif à l’invention de l’imprimerie ?

Ce soir-là, alors que les alexandrins continuaient à se demander si la charia serait appliquée dans sa version rigoriste ou non à travers de gigantesques manifestions, moi je peux bien profiter de ces rares moments de repos (ahhh un repos sur le dos d’une crise) pour me donner enfin le droit de visiter la Bibliotheca. Une visite qui est d’autant plus émotionnelle car je la partageais au bras de l’une de ces créatures féminines dont Dieu seul a le secret.

Juchée sur le bord de la méditerranée, classée parmi les deux plus grandes bibliothèques du monde, elle est pour l’Egypte une véritable porte ouverte sur le monde. Imaginée par des architectes norvégiens la Bibliothéca se présente à ses visiteurs comme un disque solaire qui s’élève de la mer.image extrait du site https://www.bibalex.org/home/default_fr.aspx

Ma visite n’a duré que deux heures, bien trop peu, il m’en aurait fallu une journée entière ; mais c’était suffisant pour faire le tour du monde et de l’espace sans un visa et sans dépenser un kopeck. De l’orient à l’Afrique, de l’Amérique à l’Asie en passant par l’Europe, toutes les civilisations y sont représentées !

Du planétarium, à la grande salle d’étude pouvant contenir plus de 2000 chercheurs en passant par les collections antiques de papyrus, de masques, d’outils divers, l’émerveillement prend place sur le temps de la réflexion et on se laisse transporter dans ce monde ou la limite du réel et de la fiction reste difficile à appréhender.vuepartiellesalledetude

Mis à part les six espaces consacrés à tous les domaines de la science, la Bibliothèque d’Alexandrie dispose de cinq musées portant sur les antiquités, les manuscrits, Sadate, l’histoire d’Alexandrie et sur le cinéaste Shadi Abdel Salam. Je passe sous silence toutes les autres merveilles que j’ai vues, au niveau du planétarium, de l’espace Culturama, des quinze expositions permanentes, des centres de recherches, de la grande salle de cinéma et de la salle de spectacle.

Je crois vous avoir tout dit sur cette belle ballade, (sauf les instants passés au bras de la créature divine…Pas grave !) A vous de jouer si jamais vous vous retrouvez dans la grande cité méditerranéenne en face de ce trésor couvert par des blocs de granite d’Assouan.facadeexterieuredelabibliothéca

En attendant, je vais devoir supplier le bon Dieu, de faire taire ces moments d’instabilité politique, ne serais-ce que pour vous faire découvrir et vous faire voir le fameux phare d’Alexandrie, les colonnes de pompe, la rosette, le mont Sinaï, les pyramides, et ces milliers d’œuvres culturelles qui nous rappellent combien l’Afrique a brillé dans le passé…

Gratiano

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Article : Football en Egypte, pas comme dans la rue.
Alexandrin
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27 novembre 2012

Football en Egypte, pas comme dans la rue.

 

Séance d’entrainement sur un stade d’Alexandrie

Il y a bien des choses auxquelles il ne faut pas toucher quand on est en Egypte. (Ne me demandez surtout pas de les lister).

Une chose est sûre,  Alexandrie a cessé de vivre, ce Samedi  17 Novembre (La baisse du trafic était exceptionnelle).

Et comme  si cela ne suffisait pas, il fallait bien que je rate ma navette habituelle, celle qui devrait me faire traverser la grande bourgade égyptienne (Ah ! un autre mot qui me vient d’une autre ‘’mondoblogueuse’’…suivez mon regard)

Rien à faire, je dois me débrouiller avec le tramway…enfin…, ce genre de ‘’train moderne’’ (que je découvre ici) qui roule en plein centre-ville au moyen de l’électricité et qui dispute la route principale avec les d’automobilistes (Sacrilège !!!…chez moi, le train c’est pour traverser, les brousses et relier les grandes villes du Togo…pas sur la grande route quand même!!! De toute façon,  elle ne sert qu’au transport des matières premières …).

Revenons à mon histoire ; le tramway habituellement bondé, me laissais ce samedi-là, la possibilité de changer de place à volonté et de jouer le ‘’Grand’’… Rassurez-vous, il n’y avait pas de catastrophe naturelle, encore que nous ne sommes pas à ce fameux  21 décembre prochain  (grrrrrr).

Je viens de me rappeler, Al Ahly, l’un des plus importants clubs de football d’Egypte jouait la finale de la ligue des champions africaine face à l’Espérance sportive de Tunis…Ah oui !!!, le football !!!, le foot et encore le foot. S’il est une passion au Togo, ici elle fait bien partie de ces choses auxquelles il vaut mieux ne pas y toucher. Notons au passage qu’Al Ahly a remporté le match sur un score de 2-1 , et s’adjuge au passage un septième titre africain.

Tiens! pour saisir la réalité du football ici, j’ai fait un tour dans l’un des nombreux centres d’entrainement de football de la ville d’Alexandrie et j’en ai eu pour ma dose.

Ils sont des centaines, des adolescents, d’une moyenne d’âge de 12 ans, chaussés de ‘’crampons’’, en maillot uniforme,  et prêt à se défouler sur la balle ronde. Quel magnifique spectacle !!! Rien à voir avec le vrai football de rue, qui se joue quand on a envie de se défouler dans ‘’mon Lomé’’. Dans les ruelles de Kodjoviakopé (le quartier où jouait Emmanuel Adébayor dans son enfance), juste un ballon et de deux blocs de pierres suffisent pour jouer au football.

A  Alexandrie, Le football est une industrie, et je peux bien l’affirmer. Quand j’y pense, je comprends pourquoi l’Egypte s’est adjugé trois fois de suite le titre de champion d’Afrique. Bon !… la Centrafrique n’a pas permis aux Pharaons de se qualifier pour cette CAN 2013. Peut-être que la révolution est passée par là aussi ? (qui sait) De toute façon sur cette pelouse, ce sont les parents qui jouent le premier rôle. Ils n’hésitent pas à se lever et à acclamer cette génération montante qui se donne du plaisir à courir derrière le ballon rond. Je reste bouche-bée et je ne peux que contempler ce spectacle.

Pourquoi ne pense-t-on pas à ce genre d’infrastructure dans mon ‘’Lomé’’ ? Dans tous les cas, il ne nous en avait pas fallu autant pour se qualifier pour le mondial 2006 au pays de Merkel, et une énième coupe d’Afrique des Nations en Afrique du Sud.

Pour l’heure, les Pharaons poursuivent leurs préparations et lancent un signal fort à destination du monde footballistique.

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Article : Des rêves et des idées pour une civilisation millénaire
Alexandrin
5
30 septembre 2012

Des rêves et des idées pour une civilisation millénaire

Acte…1

Ce soir-là, la nuit fut  bien longue et trop courte. En fait j’avais bien du mal à admettre ce voyage vers le pays des pharaons. Je suppliais le sommeil de m’accorder ce répit, si petit soit-il pour me laisser voyager et construire mon rêve et mon monde. Serait-ce une nouvelle aventure comme celle des israélites ? Non, car dans le fond je reste propriétaire et responsable de ma décision.

La ville d’Alexandrie

Je pars pour Alexandrie, la cité intellectuelle perdue, de l’extrême nord de l’Egypte. Un si beau nom, et une si longue histoire pour une ville et un peuple complètement différent du mien. Bon, là n’était pas le problème. Je dois quitter les miens, mon pays, ma ville, ma culture,  mes amis et surtout cette belle dame à la belle peau d’ébène qui savait trouver les mots exacts et les gestes qu’il faut pour ressusciter en moi tout ce qu’un homme a de plus précieux. Allez-y savoir. Bon, j’avoue, c’était la personne la plus difficile à abandonner. Ah abandonner ? Aujourd’hui je ne crois pas qu’il s’agit du vrai mot…disons plutôt euh….que c’était un ‘‘au revoir’’. De cela on en reparlera.

Autant de rêves, de curiosités et d’illusions à satisfaire. Le départ fut finalement moins douloureux, ma mission et mon objectif étaient partagés de tous : Poursuivre mes études. Le monde arabe s’ouvre volontiers à moi. S’ouvrir ? Non plutôt, s’offre à moi. Car il me refuserait ce qui serait admis chez moi et elle me donnerait ce qu’il voudrait bien. Rien de pareil à ma petite ville de Lomé. (Bienvenue en arabe) Bienvenue, me disais-je au Caire, une ville à elle toute seule qui pouvait engloutir mon Togo. Oui, mon si petit et beau Togo. Un petit pays coincé entre le Bénin, le Ghana, le Burkina Faso dit le pays des hommes intègres. Le Caire c’est plus de 18 millions de personnes, alors que mon petit Togo frôle désespérément la barre des 6 millions et pas plus de deux millions pour Lomé  la capitale.

C’est aussi la diversité africaine. Une diversité si belle et si grande qu’aucun manuel ou livre touristique ne saurait détailler et expliquer. Mais au fait, A l’aéroport International du Caire, mon anglais des douze dernières années de ma scolarité, malheureusement m’abandonne et me laisse aux grés de mes locuteurs qui éprouvent autant que moi la même difficulté à aligner deux mots consécutifs dans la langue Shakespeare. Je pouvais bien me défendre d’être originaire du monde francophone, mais la question qui me taraudait l’esprit est de pouvoir sauter dans le premier bus à destination d’Alexandrie. Tant bien que mal, en passant sous silence mes premiers cours d’arabe,  Alexandrie, la ville inédite s’offre gracieusement à moi.

Ce sera donc une découverte approfondie de notre fameuse ville d’accueil, cette cité millénaire, où se côtoient  modernité et tradition, que nous ferons avec vous sur ce blog. De cela nous en parlerons dans l’Acte…2

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Auteur·e

L'auteur: Atassé
Diplômé en journalisme et d’un Master en communication à l’Université Senghor d'Alexandrie, Atassé reste un explorateur de son univers avec lequel il joue.

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